un voyage à pied de Lugdunum à Mediolanum Santonum
Le coeur de Stéphane s'est arrêté le 3 septembre 2025. Au printemps, il avait fait une grande marche de Lyon à Saintes, à la recherche de la Via Agrippa. Cette expérience l'avait enchanté...
Il avait commencé un livre...
Il nous a laissé des photos et ses carnets de route. Je vous les partage ici...
L'idée de cette aventure pédestre était née après la visite du site gallo-romain de Chassenon en 2023.
Nous avions adoré cette année-là ! Les enfants nous avaient offert un Pass Patrivia qui nous donnait la gratuité dans nombre de sites. Chateaux de la Loire et de partout, musées, sites archéologiques... mais aussi simples demeures que des proprétaires passionnés faisaient découvrir. Stéphane avait eu l'idée de ce pass bien pratique surtout que nous dormions dans le camping-car. Nous avions fini l'année par l'Alsace et ses marchés de Noël. Le Pass Patrivia n'existe plus...
C'est Stéphane qui raconte.
Mercredi 14 mai 2025 Rochefort / Lyon 5 (5km)
Annie m'accompagne à la gare de Rochefort, direction Lyon chez nos amis Anita et Jean-Paul.
Mon sac à dos me semble bien lourd...
Arrivée à 17h27. Une heure de marche ( ça grimpe ! ) pour arriver chez les copains où je passerai une belle soirée.
Jeudi 15 mai Lyon (15,5 km)
Après un bon petit déjeuner (confiture des trois prunes faite par JP), départ à 9h pour la visite du Lyon romain. Anita et Jean-Paul connaissent leur ville par coeur et m'ont concocté un itinéraire sur mesure.
L'itinéraire, qui mêlera culture, sport (de beaux dénivelés, des escaliers...) et cuisine s'achèvera à 20 h.
Anita avait préparé une fiche très détaillée...
Ne vous inquiétez pas, le casque est en plastique ! Mais Stéphane posera sur toutes les photos avec ce joli couvre-chef. Maintenant, il a sa place près de lui sur sa tombe à Tonnay-Charente.
Vendredi 16 mai Lyon / Forêt près du col de la Luère (23km)
Debout 7h. Encore un bon petit-déjeuner avec de la confiture d'oranges cette fois ! Toujours faite par JP.
Départ vers 8h30. Une heure après, j'arrive Place de Trion, le vrai départ de la Via. Je me suis fait une fiche avec le nom des rues, routes et villages à traverser. Tout droit !
A Craponne, un acqueduc m'attend. Plus loin, à Grézieu-la-Varenne, je demande à la mairie si je peux planter ma tente quelque part, non. Je poursuis la Voie Romaine. Le camping au col de la Luère est fermé, je m'installe dans les bois des Monts Lyonnais, tout proche du col et du camping pour mon premier bivouac.
Samedi 17 mai Forêt du col de la Luère / Brussieu (20km)
Comme vous l'avez compris, la Via Agrippa n'existe que par petits tronçons, quelquefois cachée sous des champs cultivés, quelquefois plus du tout...
Donc, pas de balisage comme un GR.
C'est ce jeu de piste qui a passionné Stéphane.
Je poursuis la Voie Romaine jusqu'à Saint-Bonnet-le-Froid puis un GR. Je passe devant le parc animalier de Courzieu et atteins le village vers 12 h. Un petit bar me tend les bras pour une bière avec ses amuse-gueules. Les consommateurs paient une tournée générale ! J'en profite aussi pour recharger mon téléphone.
La route, toujours le GR, grimpe dur, traverse La Giraudière et s'achève pour moi aujourd'hui à Brussieu.
Les gens au Proxi, où je fais quelques courses, me disent de planter ma tente dans un champ de cerisiers pas loin. Je le trouve rapidement et vois les propriétaires très sympas. Bivouac trouvé !
Tout le monde est adorable dans ce village, le proxi m'a même offert une chocolatine. Tout était ouvert.
Je me rends compte que depuis hier je marche sur le chemin de Montaigne.
Dimanche 18 mai Brussieu / Les Halles (16,5km)
Bien dormi même s'il fait un peu frisquet sous la tente. Je n'ai pas de sac de couchage...
Debout 7h, départ 8h. Quelques photos de panneaux et je file sur Saint-Laurent-de-Chamousset. Le paysage est moins vallonneux que les deux jours précédents, donc moins fatiguant pour moi...
Arrêt au SPAR de Saint-Laurent pour magasiner comme diraient les Québécois. Nous sommes dimanche, ce soir tout sera fermé... Toujours être prévoyant.
Annie m'appelle pour m'annoncer que le camping aux Halles sera ouvert et ne coûte que 5 euros. Il n'y aura personne, je dois mettre les sous dans une boîte !
Ce sera donc une petite étape aujourd'hui...
Je suis toujours des chemins de randonnée, bien agréables, avec quelques petites côtes assassines néanmoins.
Le camping, ouvert à tous, me plaît. Il est tout simple, bordé par un joli étang. Je vais être bien ici. Douche, lessive, chaussettes, slip, T-shirt.
Par contre, pas grand-chose dans le village. Journée détente.
Orages annoncés à partir de demain, à suivre.
Pour l'instant, aucune douleurs, ni au dos, ni aux pieds.
Soirée boîtes, maquereau, petits pois. Froids bien sûr, je n'ai pas de réchaud non plus !
Lundi 19 Mai Les Halles / Feurs (28,5km)
Debout 7 h comme d'habitude. Petit message "Bien réveillé !" pour Annie.
Je mets mes 5 euros dans une enveloppe improvisée. Départ pour Haute-Rivoire. Le chemin que j'emprûnte ne doit pas être très utilisé. L'herbe est haute, très haute...
De retour sur la route, j'évite de justesse un automobiliste qui roulait comme un fou, et qui a failli renverser le cycliste qui me suivait...
La mairie est fermée à Haute-Rivoire. J'achète un coca et une poche de bonbons à l'épicerie Pas bon pour mon diabète ! Mais ça me donne des forces...
Je photographie les panneaux qui disent que la Via passait par-là.
J'emprûnte le GR 98, bucolique.
Salt-en-Donzy : Je m'assieds un moment sur une vieille chaise branlante. Un petit vieux édenté me parle d'une source d'eau chaude dont les Romains rafolaient. Je suis donc dans un lieu réputé, mais il ne reste rien... Il me montre une maison près de l'église, elle serait bâtie sur des vestiges romains, la base d'une colonne, des inscriptions romaines... Je mets mon casque pour quelques photos puis me dirige sur Feurs. Anita me prévient que les orages devraient éclater incessamment sous peu. Encore 8 kms pour Feurs.
A la mairie, personne n'a d'idée pour le bivouac.
Un orage violent éclate, je me mets à l'abri au château du rosier en douce. Une heure après, ça se calme. Je vais vite à Aldi pendant l'accalmie.
Sur les conseils d'un groupe de SDF, je vais voir un abri pas loin d'ici. J'y installe ma tente vers 21h. Ouf, je peux maintenant m'allonger et attendre que mes paupières se ferment. Tous les bivouacs ne sont pas glamours... mais je suis bien à l'abri dans ma tente, et pas d'arbres à l'horizon. A éviter pendant les orages.
Mardi 20 Mai Feurs / Bussy-Albieux (20km)
La pluie est tombée toute la nuit, elle s'est même incrustée dans la tente. Je la démonte avant 8 h, mouillée. Je ne traîne pas quand je suis dans un lieu public...
Petite pluie persistante ce matin.
Je vais prendre un café au Galopin, j'utilise les toilettes. Le serveur a habité à Chaniers, il remplit ma gourde.
9h, pas d'éléments au sujet de la Via à l'Office du Tourisme sauf les ruines du forum.
Départ de Feurs. Je commence sur une route goudronnée la D112 avant de m'engager sur une plus petite à Naconne. Je prends un "raccourci" avant Sainte-Foy-Saint-Sulpice qui devient rapidement de plus en plus touffu. Les broussailles m'arrivent aux hanches, et le sol est gorgé d'eau tant et si bien que mes short, chaussettes et chaussures sont complètement imbibés.
Arrêt forcé à Sainte-Foy où je mets à sécher sur un banc mes chaussettes et mes chaussures que je troque contre mes vieilles sandales. Elégant je suis !
Je reprends la route - chaussettes et chaussures accrochées sur mon sac - car je voudrais arriver à Bussy-Albieux aujourd'hui. Bien sûr, rien n'est sec. Je presse le pas, pas facile en sandales. L'orage gronde mais j'arrive à la petite ville vers 16 h sous une petite pluie. Je ne veux pas aller plus loin.
La maire est à sa mairie. La bourgade est habituée à voir des pèlerins, c'est sur la route de Compostelle. L'élue veut mettre un tampon, mais je luis dis que je ne suis pas pèlerin ! Il y a un endroit pour accueillir les marcheurs mais il est fermé pour travaux, zut. Un abri aurait été le bienvenu. Madame la maire appelle une amie bénévole à la bibliothéque et me guide jusqu'à son jardin. Elle rentrera tard ce soir, mais je peux installer ma tente et le garage est ouvert en cas de gros orage. Demain matin, je ne devrais pas la voir non plus, elle travaille tôt. Dommage, cette femme semblait avoir plein de connaissances sur le sujet qui m'intéresse.
Stéphane était bien embêté avec ses chaussettes et chaussures trempées. Et je n'avais pas de conseils à lui donner. En fait, le plus efficace aura été de marcher le lendemain avec les chaussures aux pieds, c'est là qu'elles sèchent le plus rapidement...
Mercredi 21 Mai Bussy-Albieux / Champoly (27km)
A 7h, mon hôte m'apporte un petit plateau avec café, croissant, pain et rillettes... Quelle gentillesse ! Je crois qu'elle s'appelle Florence... Elle pense que la Via passe à Verrieres, un peu plus au nord, puis à Le Bost où un tronçon serait encore visible, mais à un endroit avec des chiens féroces (?). Elle part travailler.
Je prends un autre café au bar d'à côté et me renseigne sur Albieux. Oui, ce serait bien la Via.
En route donc, Albieux, Cezay avec ses orgues de pierre. Je poursuis, entre macadam et chemin de terre. J'arrive à Sarrette et sa table d'orientation où se trouve une borne romaine découverte à Vassauges, tout près de là.
Prochaine étape, Saint-Martin-la-Sauveté pour faire quelques courses. J'aime beaucoup ces petites épiceries de village. J'engage la conversation avec la patronne. Elle appelle plusieurs de ses amis pour des indications sur la Via. Vassauges ? Champoly ? Château d'Urfé ? Saint-Romain d'Urfé ? Ca corrrespond pas mal à mes fiches...
Routes et chemins sont agréables. Celui-là est bordé de pierres, la Via ? Cela monte doucement, pour finir par une descente calme.
J'arrive à Champoly. Un agriculteur me salue, je lui demande s'il y a des magasins dans le village. Rien, ni ici, ni à Saint-Romain... Mais il y a un café associatif qui ouvre à 17h30.
Nous avons découvert ces cafés associatifs lors de nos précédents périples. Quelle bonne idée ! Tenus par des membres d'une association, ils proposent souvent des bières locales, de la petite épicerie et sont des lieux de partage entre les villageois.
Alain me propose une gros morceau de fromage, j'ai les rillettes de Florence, du pain. Ca devrait aller pour ce soir.
"Si tu ne trouves pas de bivouac, tu peux venir t'installer près de la ferme, il y a de l'eau". Je le remercie. Plein de cafés fermés dans le village...
J'attends devant le café associatif, une voisine me l'ouvre et me sert, sans attendre 17h30. D'autres consommateurs s'installent, m'offrent une bière. Ils ne connaissaient pas la Via Agrippa, je suis content de leur en parler...on me vend une bouteille de vin, ce sera festin ce soir ! Les habitués me conseillent de m'installer sur le terrain de foot, près de la salle des Fêtes. Une vrai coup de coeur Champoly ! Que je n'aurais pas connu sans la Via.
J'ai l'impression que les villageois sont contents de me rencontrer, d'échanger quelques mots. Ils ne voient pas de touristes par ici. Je n'ai vu aucun marcheurs ou cyclotouristes.
Pourtant la région est bien belle !
Jeudi 22 Mai Champoly / Chabreloche (19km)
Debout 6 h. Il a plu faiblement toute la nuit mais la tente est restée imperméable sauf à l'endroit où mes chaussures touchent la toile. Je démonte entre deux nouvelles averses et finis mon paquet de biscuits. En prenant la route, je vais déposer ma consigne devant le bar mais il est déjà ouvert. Je prends un petit café, deux clients me saluent. Derrière le comptoir, un Belge qui s'est installé au village avec sa femme et ses trois enfants. Maison rénovée, potager, poulets... Ils se sentent bien ici. Je lui dis que j'ai été agréablement surpris par la gentillesse des habitants. Il me répond qu'au chateau d'Urfé, tout proche, beaucoup de bénévoles du monde entier aident à la rénovation. Les villageois sont donc habitués à voir du monde et proposent toujours leur aide.
Au fil des discussions et de mes recherches précédentes sur internet, il semble que la Via passe par Les Salles et Cervières alors je modifie mon parcours.
Effectivement, ce n'est pas l'itinéraire inscrit sur sa petite fiche...
En partant, je croise Alain qui me demande où j'ai dormi...
Les Salles, ça va, 1 ou 2 commerces. Puis ça grimpe jusqu'à Cervières, un joli village sur les hauteurs qui mériterait son inscription aux "Les plus beaux villages" ! Je croise un employé communal qui me confirme que la Via passait au bas du village.
Mais je vais où après ?
Je décide de couper pour rejoindre la route de Saint-Thomas. Ca grimpe lentement mais sûrement à travers la forêt. Vraiment sympa. Chemin des Combes.
Pluie depuis ce matin, j'ai mis le pancho, il protège bien.
Je rejoins la D324 entre le col et Chabreloche. Normalement, je devrais voir des vestiges romains, mais non, rien.
J'arrive à Chabreloche toujours sous la pluie, toujours aussi fine, toujours aussi énervante !
Je finis mon pain et mon fromage sous un abribus. La mairie est ouverte.
Nous cherchons toujours la mairie dans les villages que nous visitons, souvent plein de bons conseils à prendre, quelquefois de très belles discussions avec le personnel communal ou le maire...
La secrétaire de mairie se renseigne sur la Via, fait des recherches internet. Aucune via par ici. Elle m'offre un café. Vraiment très sympa. Je me renseigne pour le bivouac, j'ai vu une aire de camping-cars ou un petit coin d'herbe le long du cimetière. "Nous avons un local pour accueillir 3 voyageurs". Chemin de Saint-Jacques ! Génial !
On me donne le code, me voilà installé. Versailles par rapport à hier soir... pas de douche, mais je pourrai faire une bonne toilette au lavabo. Arrive Denis qui voyage à pieds lui aussi, mais suit les GR. Il me quitte rapidement pour un logement un peu moins spartiate.
Quand on suit les GR, tout est balisé, il suffit de suivre les flèches. Mon parcours est totalement différent. J'ai les grandes étapes de la Via, mais entre celles-ci, c'est un vrai jeu de piste, avec ses questions, ses recherches, c'est passionnant.
Aujourd'hui, cela fait deux heures que je cherche à partir de mes documents comment me rendre à Thiers au plus prêt possible de la Via.
C'est décidé , je reste une journée de plus dans mon Petit Versailles. Demain je pourrais faire marche arrière sans sac, pour franchir le Col de Saint-Thomas que j'ai zappé aujourd'hui. Peut-être des signes romains...
Le soleil revient, pourvu que ça dure !
Petite lessive, courses.
Je mets les radiateurs à fond pour sécher mes habits...
Vendredi 23 Mai Chabreloche (13km)
Journée de repos.
Je vais quand même essayer de trouver cette Via à Arconsat. Pluie annoncée ce matin, j'irai cet après-midi. Je prends un café à l'auberge. Un peu mal au cou et à l'épaule. A suivre, peut-être l'effet lit !
Finalement il n'a pas plu. 12h30, je pars à la recherche de cette fameuse voie décrite dans l'article de La Croix.
Stéphane avait vu une série d'articles sur la Via Agrippa dans La Croix. Mais, pour y avoir accés, il fallait s'abonner à la revue. Même si La Croix est un très bon hebdomadaire, ce n'est pas tout à fait notre tasse de thé. Nous bénéficions d'une offre d'un mois très peu chère pour imprimer nos 6 articles passionnants. Le journaliste faisait le parcours en voiture, ce devrait être plus facile à pieds...
Les textes sont de Mikaël Corre.
Face au café Le petit caporal, je questionne les habitants. Ils n'ont jamais entendu parler de la Via, pourtant ils sont âgés, et ils sont nés ici...
Je me lance dans le contrebas de la chaussée, me perds un peu, emprûnte un chemin hazardeux, suis bloqué par une clôture. Mes investigations n'ont rien donné.
Je rentre.
Ce soir Kebab !
Samedi 24 Mai Chabreloche / Peschadoires (27km)
Je fais un dernier petit tour de la pièce pour ne rien oublier dans le refuge. Tout est OK, c'est propre, je peux partir. Il est 9h.
Je prends un petit café à l'auberge puis prends la direction de Thiers par les chemins.
La météo est excellente même s'il fait un peu frais. 3° annoncé.
Ca grimpe pas mal mais le cadre est agréable.
J'arrive à Celles/Durolle, un charmant village. Un petit tour au Vival pour une bière et des bonbons au réglisse.
Ca monte encore plus l'après-midi. Quand j'arrive au sommet, la ville de Thiers apparait timidement. Après une descente vertigineuse, Thiers se dévoile vraiment, à flanc de collines. Drôle d'impression, la ville semble pauvre et difficile à vivre avec ses rues étroites et pentues.
A l'Office du Tourisme, je n'apprends rien de nouveau sur la Via.
Après une halte au Carrefour, je sors de la ville. Sur le pont, j'aperçois un peti chemin qui longe la Dore. Je le suis sur plusieurs centaines de mètres et trouve un petit emplacement, un peu à l'écart et au bord de la Dore.
Le bruit de la rivière me bercera cette nuit...
Dimanche 25 Mai Peschadoires / Billom (24km)
Le soleil est là ce matin. Le démarrage est compliqué par la faute de visiorando et google... Finalement, après un détour, je me retrouve sur la Voie Romaine au Pont-de-Dore.
Elle file tout droit en épousant les formes du terrain durant 10 km. Il fait chaud, je marche d'un bon pas pour arriver à Lezoux rapidement. A temps pour faire quelques courses...
Je me repose un peu dans le parc de la ville qui accueille des festivités en ce dimanche. Je suis autorisé à charger mon téléphone à la buvette. J'attends 14 h avec un rosé frais, l'heure d'ouverture du musée. Musée très sympa, personnel très sympa.
Je reprends la route et trouve un emplacement à Moissat derrière la mairie. Pour le moment, des jeunes s'y amusent mais ils rentreront chez eux un moment ou à un autre.
Annie m'appelle. Elle suit mon parcours sur l'atlas routier, qui est à la même échelle que mes cartes.
Stéphane a découpé ses cartes, ne conservant que son parcours. Bien plus pratique à lire qu'une carte dépliée, surtout lorsqu'on marche...
Elle me dit que je ne suis pas loin de Billom où habite Samuel Chardon, voyageur carnettiste copain. Elle l'appelle, 15 minutes après, Samuel vient me chercher avec sa voiture. Retrouvailles ! Il venait régulièrement dédicacer ses carnets à notre librairie de Brouage.
Ce sont mes premiers kilomètres motorisés !
Il me présente sa compagne et me fait la visite des lieux. Dîner d'une bonne salade avec les légumes du jardin.
Dodo pas trop tard...
Lundi 26 Mai Billom / Gergovie (27km)
On discute jusqu'à 9 h avec Samuel. Il insiste pour que je reste une journée de plus mais je ne veux pas prendre de retard dans ma marche...
Etonnant !
Sur les conseils de Samuel, je passe au marché où Florence expose ses poteries dans le centre médiéval de la petite ville.
Je prends la route de Gergovie, Pérignat (Allier), Cournon-d'Auvergne, Le Cendre sur une piste cyclabe qui suit la route. Il fait bon. Ce matin, j'ai pris un doliprane, pas mal aux jambes, mais toujours un peu aux épaules. Sac trop lourd ?
Je m'arrête à Intermarché. Je mange dans une zone réservée... Tu achètes dans le magasin et tu manges sur place. Je place le sac à dos dans une consigne. Il y a le wifi, Annie peut récupérer toutes mes photos, nos téléphones sont synchronisés.
J'apprends que le musée de Gergovie n'ouvre que mercredi après-midi. Mince, je ne vais pas attendre jusque là. Mais j'irai sur le site malgré tout.
Route toujours plate au début puis longue montée jusque Gergovie. Duraille, sutout les derniers mètres. Je n'aurai pas dû suivre google, mais j'y arrive, sans mal aux jambes, au dos ni aux épaules. Bizarre !
La vue est superbe. Je déniche un petit coin pour planter la tente, je n'ai pas très faim.
Un fourgon s'installe pas très loin.
Le bêlement des moutons me berce.
Mardi 27 Mai Gergovie / Col de Ceyssat (22,5km)
Debout 7 h comme d'habitude après une nuit plutôt fraîche...
C'est nuageux, je ne vois plus le Puy de Dôme. Je descends sur Romagnat et m'arrête au restaurant "La Commanderie du parc". Je m'offre deux cafés et recharge mon téléphone.
Aujourd'hui, je ne souhaite pas marcher beaucoup, peut-être jusqu'au Col de Ceyssat ?
Bière au SPAR et départ pour Chamalières vers 11h.
La-bas, la Via Agrippa apparait dans son état originel. C'est un monsieur qui me l'a dit !
C'est émouvant pour moi...
Elle n'est pas très large. Je la perds puis la récupère à nouveau... jusqu'à la Font de l'arbre. Là, je me repose un peu dans un bar.
Je poursuis par la route qui grimpe au Col de Ceyssat à 1078 mètres. J'y arrive à 17h30.
L'auberge est fermée. Il me faut une heure ou deux pour arriver au Puy de Dôme, j'irai demain.
Je vais dormir au col, il y a de la place ici, près d'une table de pique-nique.
20 h, toujours du monde qui arrive pour aller au Puy de Dôme, sûrement pour y voir le coucher du soleil. Il y aura du va-et-vient jusqu'à ce que le nuit tombe.
Mercredi 28 Mai Col de Ceyssat / Gelles (27,5km)
Il a fait froid cette nuit. L'altitude. Le soleil est bien là.
Prêt pour affronter le Puy de Dôme ! Le début est calme jusqu'au passage à niveau . Là, ça monte... Hier plein de personnes d'un certain âge montaient allègrement, pourquoi pas moi ? Le sac à dos pèse quand même...
Elles n'avaient peut-être pas dans les pattes tous les kilomètres que tu avais déjà fait Fano...
Il fait frais et nous sommes à l'ombre pour la montée. Certains le font en courant et nous encouragent. Et j'atteins le sommet ! Dur mais agréable. 1465 mètres.
Là-haut, le vent souffle très fort.
Mon casque s'est fissuré hier soir, il va falloir réparer encore.
Pari réussi, je redescends.
Je manque de glisser à plusieurs reprises. Me revoilà au Col de Ceyssat. Mes prochaines étapes, Ceyssat, La Gardette, La route des étangs (?), la Via passait par là, puis voie infranchissable, détour de 30 minutes. Un agriculteur me renseigne, je suis ses conseils et tout va bien. Je traverse Say, un lieu-dit tout mignon et arrive enfin à Gelles après 28 kilomètres de marche dont le Puy de Dôme. Pas mal ! J'ai eu les félicitations de Loulou par message.
Première chose, Vival et une bière.
J'ai l'impression qu'il n'avait pas mangé grand-chose de la journée...
Au Vival, me renseignant sur le camping, la propriétaire dudit camping était derrière moi. "Installez-vous, je passerai à 19 h". J'aime ses petits campings !
Je vais payer 12 euros pour deux nuits.
Le village est vraiment agréable avec ses stades, son Vival, sa boucherie, son bar-tabac et son bar-resto. Je mange dans la petite salle de l'accueil du camping avec la Wifi...
Jeudi 29 Mai Gelles (5km)
Super bien dormi. Reveillé seulement à 8 h. Vite, message à Annie, elle doit s'inquéter...
Effectivement...
Bon, j'ai du boulot ! D'abord douche. Que ça fait du bien ! Puis lessive, short, T-shirt, caleçon, chaussettes, casquette.
Enfin, courses à Vival. Le patron me montre où passait la Via Agrippa. C'est en face et le village est bâti dessus. Je passe devant un bar qui propose des "repas ouvrier", 17 euros.
Zut, c'est l'Ascension, pas de repas aujourd'hui... Je consomme deux bières mais le patron n'est pas très causant. Il y a un deuxième bar, derrière la mairie. Remarquable pour un village de 931 habitants. Il y a aussi le Vival donc, une boulangerie, une boucherie, un terrain de rugby, un citystade, terrain de tennis, une pharmacie, une poste, une banque...
Impressionnant non ? et un camping !
Pour l'instant, personne ne connait la Via...
17 h, petit tour du village. Petit tour au deuxième café, avec Marie, la patronne sympa. Je goûte au rosé très bon. Elle m'offrira le 4ème.
J'achète des produits nutri score E... il faudra surveiller ma prise de sang à mon retour. Je la fais tous les trois mois à cause de mon diabète type 2, pas d'inquiétude...
Il se sentait super bien pendant cette escapade. Quand il a voulu reprendre la course (il avait déjà fait de nombreux marathons plus jeune), nous nous sommes inquiétés les enfants et moi, va doucement, contrôle ton coeur. Il nous répondait "je connais mon corps". Mais là, il ne l'a pas senti venir cet arrêt cardiaque. Et il est parti "heureux" d'avoir fait ses 10 kilomètres...
Vendredi 30 Mai Gelles / Herment (24km)
La tente est mouillée par la rosée ce matin. Je vais faire quelques courses pour 2 jours, pas sûr de trouver quelque chose sur la Via...
De retour au camping, Martine me salue. Je range la tente, encore un peu humide. Je pars pour Pérol par la D204. Je la quitte pour prendre la Via Agrippa jusqu'à Les Chaumeix. Je cherche une portion visible de la Via. Un monsieur, portant fièrement moustache m'assure que la Via est plus au sud, au sommet d'une colline (avec la croix de Barre) et va à Etival et Sauvagnat. Mince, j'y étais, donc j'étais sur la bonne voie au départ. Bon, c'est juste un petit détour, je rejoins Etival, puis la 204.
Ce matin, j'ai demandé à Annie de voir s'il y a à Herment un éventuel camping, et pourquoi pas une épicerie. Elle me dit que oui.
Je sors de la Via pour y aller. Ca grimpe fort, mais je me sens en plein condition. Mon épaule ne me fait pas trop souffrir, les anti-inflammatoires fonctionnent. Mais ça reste fragile, je continue un peu les médicaments.
Arrivée à Herment. Vival ouvert, zut, je n'aurai pas dû me charger ce matin...
A la mairie la secrétaire me reçoit gentiment. Elle me confirme que je ne suis pas sur la Via, mais la retrouverai à Voingt et Giat. Il y a une beau musée à Voingt, le responsable est un passionné d'histoire. Il aurait trouvé un trésor de pièces romaines avec le maire. Je le verrai demain.
Je m'installe au petit camping municipal, basique comme je les aime. Je suis seul. Ca grimpe beaucoup dans le village.
19h, Claude arrive. Il m'ouvre une petite salle bien confortable et encaisse 4 euros 70. Il me parle du trésor de pièces lui aussi, mais elles proviendraient des Francs, pas des Romains...
Je vais au Kebab Obélix et prends une photo avec la serveuse qui se coiffe d'un casque gaulois ! Elle connait la Via, ça me fait plaisir.
Herment, étape bien sympathique !
Dans la salle ouverte, il y a un frigo, une gazinière, des tables et des chaises. Le luxe !
Il a fait chaud aujourd'hui. 28°
Un peu plus tard, un père et son fils arrivent à bicyclette et s'installent non loin de moi.
Ils ont oublié leur savon, je leur prête le mien.
Samedi 31 Mai Herment / Voingt (10km)
Encore du soleil ce matin, il parait que ça ne va pas durer...
Je pars après avoir rechargé mon portable et mangé une poche de bonbons.
Ce matin, direction Voingt et son musée archéologique des Combrailles. J'arrive à 11 h, le musée n'ouvre qu'à 14 h. Par hasard je croise un adjoint du maire et lui demande si je peux planter ma tente près du musée si je décide de rester là cette nuit. Il appelle le maire qui accepte que je me mette près d'un gîte rural, il me montre les toilettes dans une chambre du gîte. Sympa.
Nous discutons marche à pied, une dame se joint à nous et m'offre un pain en me disant de tocquer à sa porte si j'ai besoin de quoi que ce soit plus tard. Sympas les gens ici, comme dans beaucoup de petits villages...
15 h, visite du musée avec un guide. 4 euros. Très intéressant. Le guide me dit les prochaines étapes de la Via, Felletin, Vallières pas Ahun. La voie d'Ahun aurait été construite après et mesurerait 5m 43 de large, la Via Agrippa fait elle 6m 81, 23 pouces. Bon, ça change mes plans, mais je voudrais suivre la Via au plus près. Ca va me raccourcir, mais grimper beaucoup et pas de commerces...
Je dîne sur la table pique-nique du musée puis me couche tôt.
Dimanche 1er Juin Voingt / Fernoël (13km)
Reveillé à 6 h. Pas de pluie cette nuit... Je profite des toilettes, départ 8h30.
Le temps est lourd. Orages annoncés dans la journée. Je décide de m'arrêter à Fernoël environ à 13 km de Voingt. Annie a vérifié, il y a un petit camping.
J'emprûnte la Via, passe devant un site gallo-romain où il n'y a rien... Selon le guide d'hier au musée, il s'agirait du site de Fines.
J'arrive à Giat. Le SPAR est ouvert, j'achète pour deux jours de provisions, mais oublie mes bonbons... Le temps devient de plus en plus nuageux.
J'emprûnte de chemin de César puis la Via Agrippa. Elle est complètement envahie par l'herbe. Mais j'aperçois les pierres dessous.
J'entre dans Fernoël. Le camping est au bout du village. Je suis seul, parfait.
Je peux m'installer dans les sanitaires où il y a table et chaises. Dehors, deux bancs.
14 h, il ne pleut toujours pas... Douche.
16 h, il ne pleut toujours pas, le régisseur du camping arrive, 5 euros 70. Il me confirme que je peux dormir dans les sanitaires, en prévision des orages...
18 h toujours rien.
19 h idem.
20 h, je finis de manger, saucisson et gruyère.
Fini, je ne suivrai plus la météo ! Il n'y a eu que deux minutes de pluie alors que de terribles orages étaient annoncés...
Lundi 2 Juin Fernoël / Felletin (31km)
Finalement, il a plu cette nuit de 2 h à 5 h... J'ai bien fait de rester à l'abri. Même si j'étais sur le béton. Je pars à 7h20.
Je décide d'aller à Felletin en passant par Pontcharraud. Il mouillasse toute la matinée. Si léger que je ne mets pas le poncho. J'aime bien ce temps, il fait frais, je n'ai pas besoin d'avoir beaucoup d'eau et je ne cuis pas sous la chaleur. Le terrain est vallonneux, mais les pentes longues ne sont guère embêtantes. Le paysage est vert, nous sommes dans le parc naturel des Mille Vaches. Je marche, j'avance à mon rythme. Le mal aux épaules arrive petit à petit, mais c'est supportable. La Via passait par là, mais où ? Je n'ai pas trouvé grand chose sur internet. Il y aurait des restes à Montel Guillaume, mais rien vu...
Autre chose à Pontcharraud ? Il me semble que j'ai raté la Via. Je m'installe sur un banc pour déjeuner, 4h30 que je marche sans arrêt. Sans fatigue. Devant moi, un robinet, je bois toute mon eau et remplis ma gourde. Comme ça, pas de déshydratation... d'ailleurs mon urine reste claire.
La pluie s'arrête dans l'après-midi, laissant apparaitre des coins de ciel bleu.
Maintenant, ça monte légèrement, longuement. Très peu de voitures sur ces départementales. A un moment, j'ai voulu ratrapper le chemin de Montaigne, mais il est très étroit et boueux. Je suis entouré de Puys.
J'arrive à Felletin, 1500 habitants environ. Le village est mignon, coincé entre des collines.
D'abord, arrêt au Carrefour Market pour bières et 1 lion. Après 30 km, les épaules me tirent. J'ai arrêté les anti-inframmatoires mais ai pris un doliprane ce matin.
Je cherche la mairie. Je raconte mon histoire à la secrétaire qui cherche des choses sur la Via sur son ordinateur. Rien, par contre oui, elle devait passer à Pontcharraud. Je n'ai rien vu, mais j'étais sur la bonne voie !
OK pour que je m'installe sur l'aire des camping-cars. Je discute aussi avec une adjointe, le maire est en réunion. Tout le monde est très sympa.
Je vais au intermarché cette fois pour mon repas de ce soir. En plus de 2 supermarchés, la petite ville a des petits commerces, des bars et des restaurants. C'est en fait un coin touristique, ici se fabriquaient des tapis aussi célèbres que ceux d'Aubusson.
Je m'installe à l'aire des camping-cars, près de l'une des trois tables de pique-nique. Plusieurs habitants viennent me parler de leur village.
La nuit dernière, il y a eu des orages terribles sur le Puy de Dôme, me dit-on.
La tente est dressée parmi les hautes herbes. Une dame me dit de faire attention aux serpents...Je dîne sur ma table, il y a une quinzaine de camping-cars.
L'année dernière encore, nous conseillions aux marcheurs qui cherchaient un coin pour s'installer de se mettre sur les aires de CC, pratiques avec de l'eau et souvent des sanitaires ou toilettes publiques.
Mardi 3 Juin Felletin / Vallière (19km)
Quelques gouttes de pluie me réveillent à 7h30. Je démonte vite fait la tente, déjeune, utilise les toilettes publiques puis vais au Bar des Sportifs boire un café. Je pars pour Vallière en empruntant tantôt le GR89, tantôt la route pour faire au plus court. Le parcours est sympa.
15 km plus loin, j'arrive à Vallière. Déjeuner sur une table de pique-nique de l'ancien champ de foire. Terrains de boules, de tennis, de basket, tout est très propre. Je passe à la mairie, non, non, on ne connait pas la Via et il n'y a pas de vestiges romains ici... Mais il y a une aire naturelle avec sanitaires, l'emplacement est à 4 euros 22, c'est ok pour moi. Le Vival n'ouvre qu'à 15 h, je déguste une bière au bar en attendant. Il est encote tôt, je vais installer ma tente. Une dame passe en m'annonçant qu'il va y avoir des orages. Mince, la tente est installée maintenant. Eventuellement, je pourrai me réfugier dans les sanitaires...
J'aime beaucoup Vallière.
18h, toujours pas de pluie, ni d'orages. Je vais faire mes courses pour ce soir, j'y retournerai demain matin avant de reprendre la route.
Je bois une bière au pied de l'église. En face de moi, il y a un artisan verrier, l'atelier est ouvert. Je rencontre Thierry, demande l'autorisation de prendre quelques photos. Il s'est installé ici pour suivre sa femme mais connait bien la Charente-Maritime. Il a vécu à Saint-Georges-de-Didonne (la plage préférée du papa d'Annie) et aime bien Saint-Palais. Je lui parle de notre vie aux Roches de Royan puis à Vaux avant de partir autour du monde, de Saint-Palais-sur-Livres que j'avais créé...
J'ai l'impression qu'il habite à Felletin, il me parle du marché du vendredi, uniquement composé de producteurs locaux. Très sympa le Thierry, si vous passez par là, allez le voir !
Retour à l'aire naturelle, gros soleil, un petit vent frais.
C'était une journée calme aujourd'hui, mais je préfère ça à une journée complète de repos.
Mercredi 4 Juin Vallière / Le Compeix (22km)
Vers 3 h du matin, énorme pluie, l'eau est rentrée dans la tente. Repli dans la buanderie... Au matin, j'attends une accalmie pour replier ma tente toute mouillée.
Je pars vers 8h30, m'arrête au Vival, puis Ouest toute !
La balade est belle, longe le Thaurion. Je rencontre des agents du département qui gèrent les GR. J'emprunte une nouvelle fois le GR89 (le chemin de Montaigne). Un panneau "site gallo-romain" m'interpelle. C'est un sanctuaire.
Au Compeix, il y a une boulangerie, elle n'ouvre qu'à 15 h. J'ai repéré un abri près du cimetière. Bivouac possible ? Pour l'instant, je réfléchis à la suite du programme.
A la boulangerie, je rencontre Mickaël et son épouse. Elle me prépare un bon sandwich, m'offre un café et me permets de recharger mon téléphone. Elle est originaire de l'Ile d'Oléron, artisane au Château. Elle remarque mon petit sac bleu "Tonnay-Charente". Nous échangeons sur la Charente-Maritime et la Creuse, les gens sont trop sympathiques ici, me dit-elle. Je demande des renseignements sur le sanctuaire et le cimetière où je pense dormir. "Pas question, on a une vieille caravane, tu y seras beaucoup mieux que dehors avec cette pluie et ce vent !" C'est super, je suis tout intimidé dans ce genre de situation. Je m'installe, fais mon lit et les retrouve à la boulangerie pour prendre quelques photos. Dans une partie du magasin, la femme de Mickaël vend ses fabrications, vêtements et bijoux.
Je demande à Annie de leur envoyer "Voyage au coeur de l'Aunis et de la Saintonge" pour les remercier de leur si gentil accueil.
Ce que je fis illico...
Jeudi 5 juin Le Compeix / Montboucher (28km)
Je me réveille tranquillement, je prends mon temps. Il a plu je pense entre minuit et 1 h mais j'ai très bien dormi dans ma caravane !
Je vais à la boulangerie, Mickaël m'offre un café et deux tartines de pain beurré. Je lui commande un bon sandwich, le même qu'hier. Je remercie le couple encore une fois vivement, et les invite à passer à Tonnay-Charente quand ils viendront voir leur famille.
Stéphane n'aura malheureusement pas eu la joie de les revoir...
Je pars pour le site archéologique de Puy Lautard à environ 7 kilomètres. Site sympa.
Je redescends de l'autre côté du Puy pour prendre la direction de Bourganeuf par la route. La trajet est agréable, ni trop chaud, ni trop froid. J'avance bien, après 20 kilomètres en tout, j'atteins la petite ville. Il est 14 h environ, arrêt au Carrefour Market, emplettes pour mon déjeuner. L'office du tourisme ne m'apprend rien sur la Via. Je poursuis ma route sur le GR89 vers Montboucher où j'arrive avant la fermeture de la mairie. J'ai vu qu'il y a une aire de camping-car bien sympa, avec un abri semi-ouvert, je devrai dormir sur du dur mais je commence à avoir l'habitude. Il y a du vent, de la pluie par intermittence, je serai bien, à l'abri. Je sors ma tente pour la faire sécher, ce devrait être rapide, je m'allongerai dessus après. Et ici, j'ai des toilettes, de l'eau et de l'électricité. Versailles !
Ma chambre est prête, photo pour Annie !
Bonne nuit...
Vendredi 6 Juin Montboucher / Châtenet-en-Dognon (27km)
Je me suis réveillé plusieurs fois dans la nuit, à cause du vent et du sol dur...
Je pars avant 8 h, des ouvriers arrivent. Ciel couvert.
Je décide de suivre de suivre le GR89, bucolique. Mais soudain, descente à pic jusqu'au ruisseau puis montée terrible...un mur en face de moi ! Heureusement que ma condition est bonne.
Je reprends quand même le bitume tout de suite ! Le GR grimpe tout le temps...
La région est très vallonneuse.
Sauviat-sur-Vigé. Arrêt dans un petit bar, un vrai capharnaüm ! Des tas de journaux partout.Patron pas très sympa (pour une fois), je n'y traine pas.
Où suis-je ? Creuse ou Haute-Vienne ?
Je repars, direction Châtenet-en-Dognon.
Pour la première fois depuis bien longtemps, je subis une averse brutale. Rien à l'horizon pour m'abriter, même pas le temps de mettre mon poncho. Je suis trempé, ma veste polaire n'aura jamais le temps de sécher avant ce soir... Elle m'est indispensable, je dors avec...
J'arrive avec peine à Châtenet, traverse le village pour trouver un bivouac. Je longe un parc canin, prends un chemin qui serait la Via ? Je repère la mairie mais elle est fermée, le numéro du maire est noté. Je continue mes investigations. Tiens, un lavoir bien abrité, ça pourrait être pas mal. J'appelle le maire qui me confirme que je peux m'y installer. Il y a une énorme boîte à livres, Annie aimerait... Il y a aussi des toilettes ! On a beau dire, c'est quand même bien pratique !
Mon lit est prêt, dommage que ma veste soit mouillée...
Le maire vient s'assurer que tout va bien. Il me remplit une bouteille d'eau de 2 litres à la salle des fêtes qui est tout prêt et me dit de l'appeler si j'ai besoin de quoi que ce soit cette nuit.
Demain 1500 vélos devraient traverser le village. Il m'invite à prendre le café après, Rendez-vous à la mairie à 10 h.
Je suis le parcours de Stéphane sur mon atlas routier qui est à la même échelle que ses cartes. Et souvent, je regarde de plus près les villages qu'il traverse ou qu'il choisit pour le bivouac. Effectivement, le lendemain La Limousine André Dufraisse traversera le village.
Je prospecte quelquefois pour les campings, aires de CC, endroits à visiter, son téléphone (quand il est chargé) ne lui permettant pas grand-chose sans wifi.
Samedi 7 Juin Le Châtenet-en-Dognon / Saint-Priest-Taurion (14km)
Malgré mes vêtements mouillés, j'ai bien dormi, bercé par le bruit du lavoir...
Je me lève à 6h20, finalement ma veste a séché sur moi.
8h30, les premiers vélos passent. Il y en aura 1500 ! Tous âges, tous sexes !
9h30, le maire passe. RV à la mairie, à une heure d'ici.
Deux conseillers l'accompagnent. Il y a du café. Les biscuits sont là. Le rosé aussi... "Le rosé du matin..." disent-ils en choeur ! On parle de vélo, de Poulidor qu'ils connaissaient bien, ainsi que ses 3 frères. Tous très gentils. Comme les Limousins, comme les Creusois. Une équipe municipale bien sympa, sans stress. Mais je dois les quitter après deux petits rosés accompagnés de petits gâteaux.
La Via longe le cimetière et part dans les bois.Le ciel est gris mais pas de pluie.
Je poursuis sur la D56. J'arrive à Saint-Priest. Premier bar fermé, épicerie fermée, deuxième bar ouvert et il fait resto, le Frichet. Sur le menu, une plancha me fait de l'oeil. Je me laisse séduire. Comme toujours, je raconte mon histoire. "Non, je ne fais pas Compostelle !"
Je me remémore les photos que j'ai prises des coureurs. A un moment, j'ai cru entendre "eh, mais c'est Monsieur Marais !" L'ai-je rêvé ?
Annie m'apprendra plus tard que deux jeunes femmes de nos connaissances m'ont vu et effectivement hélé ! Le monde est petit !
D'autres criaient "Avé César" !
15 h, je fais un tour du village et me dégote un coin sympa au bord de la rivière, près des camping-cars.
Tout est fermé dans le village à cause de la proximité de Limoges. Les petits commerces ne font pas long feu... heureusement qu'il y avait mon bar-resto où je retournerai en fin d'après-midi.
Demain, j'espère partir tôt. Je dois traverser Limoges, j'ai visé un bivouac à Aixé, j'espère que la météo sera clémente.
Dimanche 8 Juin Saint-Priest-Taurion / Aixé-sur-Vienne (28km)
Très bien dormi. Quelques gouttes dans la nuit. Tente pliée avant 8 h. Départ 8h30.
Direction Limoges.
A Saint-Palais, à côté de la guinguette, se trouve un camp de réfugiés. Ca aurait été sympa que je m'installe près d'eux.
Le soleil arrive, ouf !
Je traverse Limoges, en me posant de temps en temps. Dernier arrêt au Carrefour pour provisions. Je mange un peu sous un abri bus. Les donuts sont un clin d'oeil pour Lola !
La route jusque Aixé est quelconque. C'est à Aixé que les Romains traversaient la Vienne à gué. "Pas de pont pour la légion".
J'arrive au camping repéré. 12 euros 90, ça me semble bien cher pour une tente et un marcheur... Je propose de m'installer avec un cycliste dans un seul emplacement. Marché conclu. Du coup, je donne la moitié à l'autre voyageur qui a déjà payé !
Douche, écriture, étude de la suite du voyage.
Mon voisin va jusque chez sa soeur à Nantes à vélo.
Lundi 9 juin Aixé-sur-Vienne / Saint-Auvent (25,5km)
Bien dormi. Il a fait froid cette nuit mais il va faire beau aujourd'hui.
Je m'arrête au U Express faire quelques courses pour la journée. Tout sera fermé plus loin, c'est le lundi de Pentecôte.
Je longe la Vienne, emprunte le GR4, le laisse, le reprends, le laisse à nouveau...
Tarnaud, le domaine de l'étang, Nogeas, La Bourgonie où je demande de l'eau à un homme installé dans son jardin (on discute, il vient d'acheter un fourgon en Charente-Maritime), Saint-Cyr.
Tous ceux que je croise sur ma route aime l'idée de mon voyage.
A Saint-Cyr, l'épicerie vient de fermer, j'ai bien fait de faire quelques emplettes.
Saint-Auvent, le bar est fermé. Bizarre, il est tenu par des Anglais. J'apprends qu'il ouvrira plus tard dans l'après-midi.
Je vais jusqu'à l'aire de camping-cars, possibilité de bivouac là.
Puis je vais voir la Via d'Agrippa. Elle est en bonne état sur plusieurs dizaines mètres, photos. Je retourne au bar. Ouvert ! Rempli d'Anglais !
J'ai vu qu'il y avait un abri pour pèlerins au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix. J'irai y faire un tour sur les conseils d'Annie.
Le bar fait aussi restauration, auberge et chambres.
Je bois quelques bières, il faut que j'arrête, je vais exploser mon budget...
Donc, en route pour le sanctuaire. Je descends la rivière, Le Gorre je pense.
Il y a une grotte avec des bougies. Le sanctuaire ferme.
Quelques familles sont encore là puis partent tranquillement. Je vais rester. Je m'installe dans l'abri.
Ici c'est le Fatima du Limousin ! (à creuser...)
Mardi 10 Juin Saint-Auvent / Rochechouart (20km)
Pas très bien dormi cette nuit. Je ne m'explique pas pourquoi.
Je décide de longer le cours d'eau, j'oublie le GR. C'est bucolique.
Stéphane adorait ce mot.
Mais rapidement, je me retrouve sur le macadam, la D10. Je me demande si la Via n'est pas dessous.Car après, elle passe sous La Brousse, comme je suis en train de faire... Je regarde sur la carte, ça colle. Elle passe aussi au-dessus de l'Intermarché. Donc, si elle traversait la forêt de Rochechouart, elle devait être plus grande. (?)
Intermarché, des courses pour ce soir.
J'appelle le camping d'ici, j'ai le temps, le site de Chassenon ma prochaine étape est fermé les lundis et mardis. 11 euros 55, un peu cher mais j'accepte.
Le gérant est somme toute sympa. Le camping est un peu loin de tout, mais il m'indique un raccourci pour rejoindre le château. Avec une pente à 16 %. A l'attaque !
Je reconnais le village. Nous y sommes déjà allés avec Annie.
Effectivement, nous étions restés deux nuits sur le petit parking près du château et avions adoré le site, le château, le musée, les randos. A l'époque, c'était un peu inondé...
Je dois réfléchir à demain, orages annoncés dans la nuit de mercredi à jeudi.
Quelques courses au petit Coop et retour au camping, calme et propre.
Mercredi 11 Juin Rochechouart / Chassenon (13km)
Je prends mon temps ce matin. Le site de Chassenon n'est qu'à deux heures de marche.
Je salue le patron du camping, récupère mon fromage et mon salami qu'il avait confiés au frigo. Je gravis à nouveau la route à 16 %, avec mon sac à dos cette fois-ci. Je passe devant l'aire de camping-car où nous étions il y a deux ans. Je reconnais le chemin que nous avions suivi, avec ses chameaux...
La température grimpe, 36 degrés annoncés cet après-midi. Heureusement le GR48 que je suis est ombragé. J'arrive sur le site de Chassenon (le Parc archéologique de Cassinomagus), déjeune puis commence la visite. Ca n'a pas changé (!) . Les fours sont toujours magnifiques, on avait adoré avec Annie. Je mitraille.
A l'issue de ma visite, je vais voir la mairie, passe devant une aire de CC. Ca pourrait être pas mal de dormir là. Le personnel municipal me conseille plutôt le stade. En plein soleil, je ne tiendrai pas... 18 h. Ludovic, un conseiller municipal vient me voir avec des boissons bien fraîches, eau, Scheppes, Coca. Sympa. Il me parle de la météorite, de la Via. Il m'emmène voir deux bornes milliaires romaines, une dans le cimetière, une dans l'église qui servirait de base à une colonne. Il me ramène au stade en ajoutant que la Via passait à Pressignac. J'y crois pas trop. Je verrai ça demain. Un homme m'apporte une nouvelle bouteille d'eau...
Jeudi 12 Juin Chassenon / Cherves-Châtelars (28km)
Souvent réveillé cette nuit, à 2 h par les éclairs et le tonnerre puis par la pluie. Le rangement est vite fait.
Je m'arrête à la boulangerie, sandwich, croissant, pain aux raisins et un grand café. Je croise mon voisin de la nuit (celui qui m'avait apporté de l'eau), vais aux toilettes derrière l'église, recroise mon voisin... puis je prends la route, rue Jules César, photo.
Je récupère le GR48, rectiligne dans cette partie. A deux hommes vendant leur miel un peu plus loin, je demande si nous sommes sur une voie romaine. Exact, me répondent-ils, la via qui va de Lyon à Saintes. J'en étais sûr, je deviens un vrai spécialiste !
Mais la Via a été recouverte plusieurs fois, me dit-on. Je suis fier de moi.
J'arrive à Suris. Bar de la Terre. Je m'y arrête. Deux chiens, une Anglaise, un Français très sympas. Le patron m'offre un paquet de chips avec ma bière pendant que je charge mon téléphone.
Je poursuis ma route, traverse La Séchère et atteins Cherves. Tant mieux, parce que la température grimpe. Demain devrait être enconre plus chaud, paraît-il...
Je passe devant le stade où j'aperçois WC, eau, chaises et tables. Bivouac tout trouvé.
Je passe à la boulangerie mais pas de bières. Il faut une license IV trop chère me dit la boulangère.
Annie m'envoie un message. Cécile, qui s'occupe du salon du livre de Chasseneuil-sur-Bonnieure avec l'association Papyrus, ne peut pas me recevoir demain mais lui donne les coordonnées d'un couple ami. Je les appelle de suite. Rendez-vous est pris pour demain après-midi. J'aurai une chambre et une salle de bain ! A deux pas du château !
Nous étions invités au salon en cette fin d'année 2025, Stéphane est parti avant.
Cette invitation me rassure, des orages sont encore annoncés demain soir.
18 h, je vais à l'auberge, boire une bière enfin... Le patron me dit que la Via devait passer près de l'étang derrière le stade.Je mange deux belles tranches de jambon vendéen, des frites, une salade. Le tout accompagné d'un pichet de vin. Le patron m'offre une pression.
J'attends un peu avant d'installer ma tente, deux jeunes font un tennis à côté.
La température est montée à 30° aujourd'hui...
Vendredi 13 Juin Cherves-Châtelars / Chasseneuil-sur-Bonnieure (14km)
Très bonne nuit, pas de pluie. Je laisse le soleil sécher la tente. Rosée du matin.
Je m'installe sur une table dans les vestiaires pour envisager les prochains jours. Finalement je ne m'étais pas rendu compte, mais mon trip arrive à son terme. Je serai à la maison dans la semaine prochaine.
Je repasse à l'auberge prendre un café, on m'offre le deuxième. Je me recharge aussi.
Je mets bien longtemps pour arriver à Chasseneuil. Une voiture m'a frôlé en plus...
La petite ville offre une image de précarité, de pauvreté presque, je ne me rappelais plus. J'ai déjà fait des salons du livre ici pourtant. La patronne du premier bar que je rencontre me confirme cette impression, "plus d'argent ici... je vends et vais m'installer au Portugal...".
Je pense d'ailleurs qu'elle est d'orgine lusitanienne. Elle met de l'ambiance, dynamique, bienveillante et festive. Comme ce client qui n'arrête pas de chanter "Un kilomètre à pied...".
Après ma bière, je fais un tour à Intermarché. Je n'ai pas très faim mais je dois manger. Je n'ai pas l'impression d'avoir maigri, comme lors du "Tour des enfants" que j'avais fait en 2022 après le décès de mon frère jumeau. Je mange près de la bibliothèque. On y avait fait une conférence avec Léo, il y a quelques années. Mon fils a toujours été partant pour salons, conférences...
35° annoncés !
La bibliothèque est ouverte. Je vais saluer. Cécile est à la retraite, c'est une nouvelle bibliothécaire. Il est 15h, je me dirige vers le château, près du Mémorial.
J'emprunte l'allée du château et appelle Marie. Elle vient de finir ses courses. Elle me rejoint et m'emmène dans leur maison, superbement rénovée. Christian me montre ma chambre, Quatre étoiles avec salle de bain ! Merci à eux de me recevoir.
Une bonne douche, puis mon hôte, d'origine hollandaise m'offre une bière. Le couple a choisi la tranquillité d'une petite ville de province pour vivre sa retraite. Là, ils sont super bien, avec un grand jardin, la Bonnieure qui coule en contre-bas, le centre-ville et ses commerces à deux pas. Le matin, ils sont réveillés par les oiseaux, une biche s'est même hasardée jusque sous leur fenêtre. Ils sont convaincus d'avoir fait le bon choix. Christian et Paola le chien m'emmènent chez un caviste pour choisir une bonne bouteille de vin que je leur offre.
Apéro, Christian sort une bouteille arménienne, étiquetée en arménien qui s'avère être du Brandy. L'orage éclate, grosses gouttes. Nous restons dehors sous le parasol. Saucisses sur le barbecue accompagnées d'un taboulé et d'une délicieuse salade de tomates.
Puis nous écoutons du Ferré sur des enceintes qu'il fabrique. Le son est merveilleux.
Leur hospitalité m'a touché.
Et c'était parfait avec la chaleur, puis l'orage du soir et la pluie de la nuit...
Samedi 14 Juin Chasseneuil-sur-Bonnieure / Montignac-Charente (33km)
Douleur à ma jambe gauche cette nuit et ce matin, un peu comme une sciatique. Je prends un Doliprane... Petit-déjeuner avec Christian.
Au revoir à Marie, on se retrouvera au Salon du Livre, elle est bénévole à l'Association Papyrus.
Malheureusement non mon Fano.
Christian m'accompagne un bout de chemin.
Je passe Les Pins, mignon village de pierres, puis Coulgens en emprûntant tantôt une départementale, tantôt une piste. Je me repose une bonne heure, mange quelques biscuits. Il fait chaud et humide.
Je prends la route de l'Aiguille qui se transforme en chemin. C'est la Via romaine jusqu'à la D88.
Tourriers, Villejoubert, la Via n'est pas loin.
Elle réapparait jusqu'à Saint-Amant-de-Boixe.
Petites courses pour deux jours, pas toujours sûr de trouver des petits magasins.
Je prospecte pour un bivouac, pas grand-chose...
Je décide alors d'aller jusqu'à Montignac et de m'arrêter à l'abbaye avant. A Montignac, Il y a un camping, 7 euros, avec une salle ! Super !
Je trouve une carte IGN qui confirme mon choix de route. J'ai vraiment suivi la Via. Fier de moi !
Comme d'habitude je dirais Fano !
Le personnel communal est très sympa au camping. Douche, bière et dîner.
Il est tard quand je m'allonge...
Dimanche 15 Juin Montignac-Charente (6km)
Super bien dormi, réveil à 8 h !
Il a plu, très fort, depuis 3 h. Je décide de m'accorder une journée de repos.
Ma jambe me fait encore mal. Je prends un anti-inflammatoire, ne pas trop marcher aujourd'hui devrait me faire du bien.
Un tour en ville, petit marché tenu par une famille. Une bouteille de vin, des crudités, des fruits.
Je m'achète une chocolatine et vais prendre un café au Bar du Donjon.
Pain, fromage et salami à midi. Pas terrible, il faudra que je revois mon alimentation au retour...
Après-midi relax. Petit tour du village pour photos. C'est très joli ici.
Je me couche tôt.
Lundi 16 juin Montignac-Charente / Rouillac (24km)
Je me lève comme d'habitude vers 7h et prends la route après mon message habituel à Annie. Direction Théâtre des Bouchauds, site que nous avons déjà visité ensemble en 2023.
Après Basse, situé sur les bords de Charente, je récupère la Via Agrippa. C'est écrit sur le panneau ! Elle va tout droit jusqu'à Saint-Cybardeaux d'où, en prenant un chemin sur la droite, je me dirige vers le site gallo-romain. J'aperçois mes premières vignes ! On est bien en Charente !
La température monte et avoisine les 28°.
Le site est tel que dans mes souvenirs. Je prends plein de photos.
Je remplis ma gourde au musée et poursuis mon chemin jusqu'à Rouillac.
Il fait frais au Super U, quelques provisions... et sandwich dévoré à l'ombre sur un banc.
Pas de camping ici, je vais voir l'aire de camping-car qui jouxte un petit lac. Des boulistes ici, je repère facilement un emplacement sympa et il y a toilettes et eau.
Je retourne en ville pour trouver un bar et recharger mon portable. Les deux cafés sont fermés. Je peux m'installer à la petite terrasse d'une boulangerie devant une bouteille d'eau et un croissant et peux ainsi me recharger...
Je retourne au parc mais attends un peu avant d'installer ma tente. Je croise une jeune femme dans un camion de pompiers qu'elle a aménagé. Elle est en panne. Les femmes se baladent de plus en plus souvent seules.
Ca y est, tente montée. Il est tard.
Je m'allonge et m'endors rapidement bercé par les coassements des grenouilles qui se poursuivront toute la nuit.
Mardi 17 Juin Rouillac / Cherves-Richemont (28,5km)
Je me réveille à 3 h. Le mal à ma jambe gauche est revenu, en haut du mollet. Est-ce le périple ? J'ai avalé un doliprane pour pouvoir dormir un peu.
Debout 6h, départ 7h. Je dis au-revoir à la fille du fourgon et bon courage pour les réparations. Je prends un chemin de traverse pour éviter la départementale, passe devant le stade de rugby. A ce sport, on n'était pas des féroces, Popo mon frère jumeau et moi, mais on jouait avec le coeur ! Souvenirs...
Je récupère enfin la route des Romains, puis le chemin des Romains, puis la Via Agrippa, mettre dans le bon ordre (?). Je tombe sur une borne milliaire, tout ça sous un soleil de plomb, avec heureusement un peu de vent.
A Sainte-Sévère, je découvre les super superettes API (en libre-service). On scanne avec son téléphone, il faut l'appli, la porte s'ouvre. Un jeune me fait entrer. Ouvert 7 jours sur 7. De 5h à 22h.
Une longue ligne droite alterne chemins, très herbeux parfois, bitume, vignes, blés, maïs, sous-bois.
J'arrive à Cherves. Mairie fermée. Zut ! Je repère un champ derrière l'église. Je verrai plus tard. En attendant, je m'achète une bière et m'installe à l'ombre près des boulistes. Nos copains, les Hognon, ont appelé Annie et lui ont proposé que je m'installe avec eux. Ils sont en représentaion pas loin d'ici. Mais je vais être ridicule à côté du chapiteau et de la roulotte.
Plus tard, je me commande un panini et des frites que je dégusterai en attendant que le soleil baisse un peu à l'horizon. Quand tout le monde est rentré chez soi, il est plus de 20h, je m'installe à la belle étoile, ma toite de tente me servant de tapis de sol...
Dernier bivouac, avec un joli coucher de soleil.
Mercredi 18 Juin Cherves-Richemont / Saintes (29km)
Debout 6h. Super bien dormi. C'est vite remballé. Je mange quelques biscuits sur la place des boulistes. En route à 6h30 !
Un peu de fraicheur ce matin.Je rattrape vite la Via Agrippa jusqu'à Saint-Sauvant. Le paysage est bucolique entre petites collines, vignes, bois, sous-bois. Tout droit ! comme hier, pas besoin de GPS...
Je m'arrête à Saint-Sauvant. Une petite bière pour me désaltérer et fêter la Charente-Maritime.La voie délimite les deux départements.
(J'ai fait caca dans les bois !)
La suite est moins agréable, banlieue des villes moyennes. Google me paume carrément, je me retrouve empêtré dans les ronces, les branchages, les hautes herbes. Impossible de passer... Je tente d'atteindre un champ, qui me ramène à la nationale pas trop longtemps heureusement. Je retrouve une petite route et rentre dans Saintes.
Puis je le vois, entre deux immeubles, au bout de la rue, l'Arc de Triomphe. Photo envoyée vite à Annie et aux enfants ! L'Arc a été déplacé de 28 mètres, car il allait s'écrouler, situé sur un pont face à la rue Victor Hugo.
Le voyage n'est pas fini. Il faut voir les Thermes et les Arènes. Rénovées récemment.
Ca y est, j'ai tout visité. J'appelle Annie. Pas envie de rentrer à Tonnay à pieds, la Via commençait à Saintes !
Elle vient me récupérer. En l'attendant je sirote la dernière bière (du périple!) en discutant avec le patron de la station-service qui me raconte ses états d'âme.